KHERRATA, LE VILLAGE

 

KHERRATA, LE VILLAGE

 

(Suite de la 2ème partie)

 

(Extrait de l'ouvrage "Souvenir...S" de Khaled Lemnouer)

 

Après ce grand moment d’émotion, reprenons notre promenade dans les gorges du « Chabet ». Empruntons courageusement un sentier de chèvres longeant le flanc de la montagne pour aboutir au poste d’observation et de guet qui culmine au-dessus des gorges, érigé là par les forces coloniales quelque temps après le déclenchement de la Révolution du 1er novembre 1954. De ce mirador, on jouit d’une vue splendide ; et une fois de plus, notre imagination s’engouffre dans le passé pour nous faire revivre certains actes héroïques de nos combattants pendant la Guerre de Libération Nationale. Plus bas, on aperçoit la colossale stèle élevée par la Fondation du 8 mai 1945 à l’occasion d’une grandiose commémoration, avec sons et lumières, organisée sur les lieux mêmes du drame historique.

 

Redescendons dans le défilé et allons nous divertir en observant le comportement amusant d’une troupe de singes magots dont quelques-uns courent dans tous les sens sur la route, tandis que les autres, assis tranquillement sur le parapet regardent curieusement l’espèce humaine en ne s’effarouchant nullement. Ils viendront même manger dans votre main pour peu que vous consentiez à leur présenter un quignon de pain ou un carré de biscuit. On peut les approcher sans crainte et même prendre à leurs cotés une photo souvenir... pour confirmer ou infirmer, selon les physionomies, la théorie de Darwin.

 

 

 

 

Après cette réjouissante halte, continuons notre excursion pour arriver à la fameuse cascade appelée « El-Ansar Azagza » (la source bleue). Les baigneurs qui rentrent de la plage en été, ne manquent jamais de s’arrêter en ce lieu pour prendre une douche rapide sous la chute d’eau froide, ou pour se désaltérer à la source permanente où coule une onde fraîche et pure. Sur la petite place, des vendeurs de fruits, debout ou assis devant leurs éventaires, proposent leurs marchandises aux passants et automobilistes. En contrebas de la route, des enfants barbotent dans les petits étangs formés par le ruissellement de la cascade.

 

Il nous reste encore à visiter deux chefs-d’œuvre de la technologie moderne : le pont et le tunnel. Une fois franchi le gigantesque pont courbe qui enjambe l’oued Agrioun, nous pénétrons brusquement dans un tunnel long de sept kilomètres creusé à même la montagne par une entreprise italienne après l’indépendance. Cependant, si cet ouvrage est impressionnant sur le plan de la réalisation, il n’en demeure pas moins qu’il présente une grande lacune du point de vue pratique. En effet, ne disposant que de deux voies séparées par une ligne continue — interdisant le dépassement — les automobilistes sont souvent contraints, en bouillonnant d’exaspération, de suivre à petite vitesse les véhicules lents jusqu’à la sortie, sept mille mètres plus loin !

 

Comme on vient donc de le voir, Kherrata recèle des volets touristiques appréciables qui ne demandent qu’à être judicieusement exploités. Oui, Dame nature nous a gratifiés de multiples sites plus remarquables les uns que les autres ; malheureusement, nous ne soupçonnons pas à sa juste valeur l’impact culturel et financier qu’il représente pour le pays. C’est dommage et affligeant, au lieu d’être avantageux et réjouissant !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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